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La recherche en matière de
santé mentale en France

Les troubles et maladies psychiatriques représentent un enjeu de santé publique majeur en France. On décompte, dans l’hexagone, quasiment 3 fois plus de morts par suicide que par accident de la route : 8 885 décès par suicide (24 décès par jour), 3 500 tués sur les routes. Les personnes atteintes de troubles et maladies psychiatriques ont une espérance de vie réduite de 9 ans par rapport à la moyenne nationale.
 

Les maladies psychiatriques coûtent plus de 100 milliards d’euros par an. Pourtant, seuls 4% du budget national de la recherche y sont dédiés. Il y a quatre fois moins d’équipes de recherche pour les maladies psychiatriques que pour le cancer. La France n’occupe malheureusement que le 21ème rang européen pour les recherches en psychiatrie.

Santé mentale en France
clichés et idées fausses

Le déficit de recherche et l’usage répété des clichés ont mené à un vocabulaire médical mal maîtrisé, dont les approximations et erreurs se propagent rapidement. Le traitement de l’information propre à notre époque renforce le phénomène.
 

Il convient donc de battre en brèche plusieurs clichés et idées fausses :
 


  • l’autisme n’est pas synonyme de débilité ;

  • psychopathie et schizophrénie ne sont pas synonymes. Le psychopathe n’est pas  un malade psychiatrique. C’est quelqu’un qui a une façon d’être transgressive, une personnalité antisociale ;

  • ne pas confondre handicap mental qui se rapporte à une déficience intellectuelle et handicap psychique qui est la conséquence d’une maladie psychiatrique ;

  • les personnes malades ne sont pas plus dangereuses que la moyenne de la population ;

  • les troubles schizophréniques n’ont rien à voir avec un dédoublement de la personnalité ;         

  • avoir consulté en psychiatrie n’est pas infamant – pas plus que d’être sous traitement ;

  • les personnes porteuses de pathologies affectant le cerveau sont aussi respectables que celles qui souffrent d’un diabète ou d’un cancer, ou de maladies affectant d’autres organes.               


 

Utiliser la schizophrénie à titre d’illustration ou de métaphore, dans des formulations telles que “la schizophrénie des électeurs” ou “l’autisme politique” nuit aux enjeux de santé publique et renforcent la mauvaise compréhension de ces troubles.
 

Personne n’est à l’abri de la survenue d’une maladie psychique.
 

Les populations jeunes notamment, sont particulièrement sensibles à la stigmatisation, ce qui les amène à cacher le plus longtemps possible et à taire leur mal-être ou leur souffrance naissante.
 

Un diagnostic  précoce réduit le risque d’aggravation et augmente les chances de traitement. Il convient donc d’adopter un langage précis et respectueux de la gravité du sujet.

Stigmatisation de la maladie mentale
en France

un désastre économique et humain

Des diagnostics trop tardifs :
 

Les représentations erronées, désobligeantes et irrespectueuses de la dignité humaine, ne font pas qu’aggraver la souffrance des personnes malades. Elles ont aussi des conséquences graves sur toute la société. Les idées fausses, largement diffusées, entraînent le déni, la perte d’estime de soi et tend ainsi à retarder le diagnostic des personnes concernées (de 6 à 9 ans selon les pathologies). Or, plus l’accompagnement intervient tôt et plus les troubles sont limités.  Rappelons que le nombre de suicides – liés le plus souvent à des troubles psychiques – bat des records en France : 8 885 par an.
 
 

Des politiques publiques et des budgets déconnectés de la réalité du terrain :
 

Les politiques publiques, alimentées et affectées par les idées fausses, se basent généralement sur une mauvaise compréhension de la réalité des problématiques psychiatriques en France.
 

Les budgets alloués au secteur médico-social sont ainsi très souvent peu suffisants pour proposer des moyens de recherche et d’accueil à la hauteur des enjeux. En France, chaque année, seuls 4% du budget total de la recherche sont destinés à la psychiatrie.
 
 

Des soins et des préjugés qui isolent :
 

En terme de soin et d’accompagnement, la psychiatrie tend à la marginalisation du patient, comparativement aux autres pathologies. Du diagnostic aux conditions d’hospitalisation, en passant par les nombreux déserts médicaux, de nombreux facteurs rendent la branche peu attractive pour les professionnels et les équipes soignantes.
 

Par la loi de 2005, la France reconnaît le handicap psychique mais, de facto, les conditions d’accompagnement proposées ainsi que les préjugés et les idées fausses mènent bien souvent à l’isolement social des personnes concernées, qui peinent la plupart du temps à se loger et à trouver un emploi.

Adopter les bons mots et
éviter les amalgames

Journalistes, responsables politiques, professionnels de santé et grand public doivent tous, pour faire avancer les problématiques psychiatriques, adopter un langage précis et responsable en la matière. À l’heure de la société d’information, les maladies et les troubles psychiatriques doivent faire l’objet du même sérieux que les autres sujets.
 

Il convient ainsi, dans les traitement médiatiques de la psychiatrie, de protéger la vie privée, l’anonymat et la dignité des personnes. Il est également capital de ne plus mêler à tout-va terrorisme, violence et troubles psychiques. Dans l’ensemble, à l’heure où l’information se diffuse avec rapidité et viralité, il est important que chacun s’informe  et  adopte un ton et un vocabulaire adapté. C’est à cette condition que la conception de la psychiatrie pourra évoluer en France et mener à une prise de conscience réelle des problèmes aujourd’hui rencontrés par les patients et les professionnels spécialisés.