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Désorganisation du système de santé et stigmatisation de la maladie mentale

Jamais comme aujourd’hui, aux États-Unis, comme dans beaucoup d’endroits dans le monde, les traitements et les thérapies psychiatriques n’ont été aussi efficaces sur les troubles psychiques.
 

Cependant, selon le Department of Health and Human Service (équivalent d’un secrétariat d’État à la santé) la moitié des 20% de la population américaine qui ressortit à ces traitements n’en bénéficie toujours pas.
 

Les causes évoquées comme responsables du manque d’efficacité du système américain dans la prise en charge des personnes nécessitant un accompagnement psychiatrique sont doubles :
 


  • le système de soin américain présente une désorganisation notoire, et une complexité imputable au mélange des échelles fédérales et étatiques (avec un manque de coordination comme principale conséquence) ;

  • le système de soin américain ne prend pas assez en compte la stigmatisation dont souffre la maladie mentale dans l’ensemble de la population.


 

Le système de santé américain est ainsi fragmenté, désorganisé, et ne permet pas une prise en charge efficace de la population en besoin d’accompagnement.
 

Par ailleurs, un certain tabou autour de la maladie mentale subsiste dans la société américaine.

Un système de santé mentale de facto

Le système de santé américain semble manquer d’une volonté d’organisation globale avec pour objectif d’harmoniser l’offre de soin au niveau national. Il s’agit d’un système de santé mentale de facto, sans réelle volonté politique d’organisation et d’harmonisation au niveau fédéral.
 

On trouve ainsi dans le pays une large gamme de traitements et de services équitablement répartis géographiquement, mais aussi entre les services publics et privés. Ce manque de volonté politique d’organisation au niveau national a pour principale conséquence le manque d’efficacité et la non prise en charge de nombreux sujets.
 

Pourtant chaque année, on estime que 15% de tous les adultes et 21% des enfants et adolescents américains utilisent chaque année ce système. Généralement, il est décrit comme constitué de quatre composantes majeures.

Un système trop complexe

Le manque d’efficacité du système de santé mentale américain est également imputable à sa complexité. Pour atteindre une meilleure performance, et une prise en charge d’un plus grand nombre de patient en attente ou en quête de soin, une plus grande coordination au sein des nombreux secteurs (public-privé spécialisé, soins généraux, social, aide sociale, hébergement, justice, éducation) est nécessaire.
 

Sans leur coordination, l’offre de soins aux États-Unis restera probablement  très largement fragmentée et constituer une barrière à son accessibilité. S’ajoute à la complexité de ce système, sa dépendance vis-à-vis des nombreuses sources de financement, comportant des incitations qui se concurrencent mutuellement.
 

Les parties publiques et privées du système de santé mentale américain “de facto” traitent des populations distinctes, mais qui se recoupent en partie… 11% de la population américaine utilise, chaque année, le dispositif spécialisé ou généraliste pour les soins de santé mentale et 10%, soit la quasi-totalité des utilisateurs, ont consulté dans le privé, et 2% dans le public. Enfin, environ 1% de la population utilise l’hôpital, dont un tiers dans le public, ce qui suggère que ceux qui ont besoin des soins les plus intensifs se reposent plus largement sur le filet de sécurité du dispositif public.
 

L’absence de coordination entre les acteurs privés et publics ne permet ainsi pas de suivre efficacement les patients, leur évolution, et leur parcours de soin.
 

L’organisation et la structuration d’un réel système de  santé mentale aux États-Unis est ainsi, assurément, un enjeu de santé publique pour la société américaine.